Emmeline Booth

« Nous n’étions en sécurité nulle part »

Le comté de Leer, dans l’État d’Unity, est l’une des régions du pays les plus affectées par le conflit qui a éclaté de nouveau au Soudan du Sud en décembre 2013. Il s’agit de la terre natale du leader rebelle Riek Machar, un ancien vice-président, et de ses compatriotes du clan Dok, qui fait partie du groupe ethnique des Nuer.

De nombreux civils de Leer ont fui vers de petites îles des marécages – les « tuochs », comme on les appelle là-bas – pour échapper aux violences. Quelque 20 000 personnes ont quitté le comté et se sont réfugiées à Nyal, une ville située plus au sud où règne le calme. Là, les travailleurs humanitaires peuvent fournir une aide aux déplacés en toute sécurité. Voici quelques témoignages de survivants recueillis à Nyal. 

Reportage spécial: Depuis ton départ

Chaque migrant qui entreprend un voyage laisse derrière lui une famille.

Nous avons tendance à nous intéresser au voyage lui-même et aux crises qui poussent les migrants à quitter leur foyer. Mais la migration ne concerne pas seulement les gens qui fuient les conflits ou demandent l’asile. Le nombre de personnes affectées est beaucoup plus important que le nombre de migrants en déplacement qui tentent de se traverser des frontières hostiles. Ceux qui restent derrière, loin des projecteurs et de l’attention des médias, doivent soutenir leurs proches dans leur périple. Ils portent dès lors eux aussi un lourd fardeau financier et émotionnel.